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Le début du travail 🌊

2017-11-20

Article de Sylvie Eskénazi, extrait du "Guide de ma grossesse au naturel", éd. Nathan, écrit en 2012 par le "Groupe Naissances" sous la direction de Willy Belhassen & Catherine Piraud-Rouet.

Au cours des dernières semaines de grossesse, l’accouchement se prépare sur le plan hormonal, physique et mécanique à la fois chez la mère et le fœtus.
A l’approche du terme, les fibres musculaires lisses de l’utérus (tout comme le cœur, l’estomac, les intestins, la vessie, etc.) se sont pourvues de récepteurs à l’ocytocine et à la prostaglandine – hormones de l’accouchement – le préparant à se contracter efficacement. La structure habituellement tonique du col s’est modifiée sous l’influence de la prostaglandine, produite localement dans le vagin ce qui lui permet de s’assouplir, se raccourcir et s’ouvrir progressivement. Parallèlement à cela, le bassin augmente sa mobilité grâce à la laxité de ses ligaments pour préparer le passage de l’enfant (mouvements de nutation et de contre-nutation). Ce dernier peut commencer à solliciter le col et trouver sa place au dessus du petit bassin. En parvenant à maturité, le placenta prépare l’enfant à sa naissance, par un mécanisme lui aussi hormonal encore peu connu à ce jour chez l’humain (augmentation du taux de cortisol chez le fœtus).

NOTRE CONSEIL : Les tisanes de feuilles de framboisier débutées un mois avant la date prévue de l’accouchement aident tous ces préparatifs à s’harmoniser. Prendre une tasse par jour (infusion 10 à 12 minutes) au début du dernier mois, puis 2 à 3 tasses à l’approche du terme.

Le travail peut démarrer entre le début du dernier mois de grossesse et quelques jours suivant la date du terme dans une grossesse physiologique. Les événements vont alors se succéder dans un temps et un ordre imprévisibles.

Sous l’influence de l’ocytocine secrétée par l’hypophyse maternelle, la phase de pré-travail est généralement inaugurée par des contactions utérines anarchiques, puis plus régulières dont l’intensité et la durée (environ 30 à 40 secondes) augmentent par paliers successifs pour préparer le col à l’ouverture. La future mère a besoin de concentration, cherche les postures et l’environnement qui la soulagent, trouve spontanément le souffle adéquat. Elle peut ressentir le besoin de solliciter ses proches afin de se faire divertir, de recevoir des massages, de sortir marcher ou de rester active à la maison. Entre deux paliers d’avancement de ce pré-travail, il peut y avoir un ou plusieurs temps d’arrêt des contractions d’une durée variant de quelques minutes à quelques heures, c’est le moment de se relaxer profondément ou de dormir si c’est possible. Chaque phase suivante est marquée par une nette évolution dans l’intensité et la durée des contractions ; la fatigue grandit. C’est cette progression qui fait comprendre à la femme que le travail a clairement débuté ; les contractions se rapprochent toutes les cinq minutes environ.

N.B. : le pré-travail peut passer inaperçu, c’est souvent le cas chez les multipares qui ont déjà accouché. Il peut durer 2 ou trois jours avec plusieurs phases de repos pour un premier accouchement particulièrement lorsque le col est bien fermé à la veille des contractions.

NOTRE CONSEIL : prendre un bain ou une douche chaude à ce moment là peut aider à faire la part des choses. Si les contractions s’espacent ou s’arrêtent, il y aura certainement une plus longue phase de repos qui peut aider à se relaxer et mieux appréhender la suite du travail. Si les contractions s’accélèrent, le travail est certainement entrain de démarrer franchement; il faut alors sortir du bain (et le renouveler le cas échéant plus tard selon l’organisation et les modalités de départ sur le lieu d’accouchement).
Notre conseil : Mettre 2 à 3 gouttes d’huile essentielle de lavande fine ou d’agrume (mandarine, pamplemousse, citron, selon votre convenance) dans un peu de savon liquide et le répartir dans le bain. Respirer calmement et amplement. Cela peut avoir un effet relaxant.

Les autres signes inconstants :
La perte du bouchon muqueux : Le col utérin est obturé pendant la grossesse par un bouchon de glaires dont les propriétés sont antibactériennes. Il se présente sous une forme de glaire plus ou moins colorée (claire à marron), plus ou moins collante, translucide ou opaque, parfois mêlé de traces de sang. Lors de l’ouverture du col, il peut spontanément s’évacuer en une ou plusieurs fois sans danger pour l’enfant. Cela peut se produire depuis les semaines précédant la naissance jusqu’à la fin du travail. La perte du bouchon muqueux peut donc être un des signes de démarrage du travail.

Les signes digestifs :
Les nausées et la perte d’appétit accompagnent parfois les premières contractions.
Certaines femmes auront au contraire un grand appétit dans cette phase.
L’accélération du transit intestinal associée à des selles molles et à des douleurs spasmodiques peut apparaître de manière normale lors des contractions de début de travail.

Les signes urinaires :
Les envies d’uriner sont parfois plus fréquentes, par petites quantités, de façon encore plus marquée qu’en fin de grossesse, mais il n’y a pas à proprement parler de brûlure en urinant.

Les mouvements actifs du bébé :
On remarque souvent une accentuation inhabituelle des mouvements du fœtus en début de travail en alternance avec des phases de calme du bébé. C’est majoritairement le cas pendant les contractions utérines, la perception de ses mouvements étant moins aisée. Toutefois, il doit se manifester régulièrement dans la phase de démarrage du travail. Ces modifications amènent les femmes à consulter afin de vérifier que tout va bien pour l’enfant. Il est dès lors très simple de réaliser un enregistrement de son rythme cardiaque.

Les pertes vaginales ou hydrorrhées peuvent être importantes en début de travail. Elles favorisent la lubrification du vagin en préparation de la naissance. Banales, elles peuvent amener la future mère à consulter dans le doute d’une perte de liquide amniotique qui sera facilement différenciée par le praticien.

L’écoulement peu abondant de sang par le vagin est plutôt un signe de travail avancé mais peut également être observé dans la phase de démarrage du travail, surtout s’il est consécutif à un toucher vaginal.

L’écoulement de liquide amniotique peut survenir à n’importe quel moment : avant l’apparition de toute contraction, en tout début de travail ou encore au cours du travail bien avancé (grand nombre d’accouchements voient cet événement se produire quelques minutes seulement avant la naissance de l’enfant).
Lorsqu’il inaugure le processus, le délai entre la perte des eaux et le démarrage franc du travail est variable - de une à deux heures jusqu’à 2-3 jours. Même en l’absence de contractions, le praticien responsable de la surveillance de la grossesse doit être averti rapidement, afin de mettre en place la surveillance de la mère et de l’enfant en prévention des risques infectieux (contrôle du bien-être fœtal par enregistrement de son rythme cardiaque, surveillance de l’absence de fièvre et de la normalité paramètres biologiques chez la mère).
Un examen bactériologique des secrétions vaginales est proposé systématiquement en fin de grossesse, principalement à la recherche d’un germe appelé streptocoque B qui motiverait un traitement par antibiothérapie et un déclenchement de l’accouchement s’il y a une ouverture de la poche. Cette recherche sera renouvelée régulièrement si le travail ne démarre pas dans les 12 heures qui suivent la perte des eaux.

N.B. : La perte des eaux représente dans la plupart des cas une quantité assez importante de liquide amniotique (l’équivalent d’un ½ verre à ½ litre d’un seul coup), puis le liquide continue à s’écouler régulièrement jusqu’à la naissance de l’enfant, notamment aux changements de position et au cours des contractions utérines. L’enfant reste en principe bien à l’aise dans sa poche car le liquide continue à se renouveler normalement lors de l’accouchement.
Si la quantité de liquide est très faible (quelques gouttes coulant hors du vagin), il peut s’agir simplement de pertes vaginales très fluides et abondantes mais aussi d’une fissure de la poche des eaux. Au moindre doute, le praticien pourra le détecter lors d’un examen. Il est donc préférable de consulter pour en faire le diagnostic.

Le liquide amniotique n’a ni couleur ni odeur particulière si tout est normal. S’il est teinté de vert ou épais, cela signifie que l’enfant a émis des selles (méconium) et impose de consulter rapidement à la maternité.


CAS PARTICULIERS DES CONTRACTIONS DE FIN DE GROSSESSE OU DE DÉBUT DE TRAVAIL :

-Les contractions, bien qu’ayant été intenses et régulières pendant plusieurs heures finissent par s’interrompre totalement soit spontanément, soit avec l’aide d’un bain chaud ou d’un remède antispasmodique. On appelle communément ce phénomène « faux travail ». C’est tout à fait banal et n’occasionne rien de plus que quelques inquiétudes et une perte de confiance du couple lorsqu’il croit avoir trop sollicité la sage-femme.

-Les contractions démarrent de façons très rapprochées et très intensément, laissant peu de temps de récupération et épuisant rapidement la future mère, comme le ferait un travail « rapide ». Au cours de la consultation, on constate que le col ne présente que très peu de signe de modification. La priorité est alors de tranquilliser la femme et de soulager la douleur occasionnée par la fréquence des contractions. Si l’on y parvient, le pré-travail peut se régulariser de façon plus supportable ou bien s’interrompre.

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